La page de Rajivji

Ces citations sont des extraits puisés des causeries de Rajivji durant les Satsangs en direct qu’il a mené à Mumbai et durant les Satsangs en ligne.

Ceux-ci sont offerts pour le bénéfice de ses étudiants et des autres chercheurs qui pourraient découvrir un entraperçu de l’innommable à travers ses mots.

1- Ne vous identifiez pas avec le problème; sachez que le problème est l’identification.

2- De s’éveiller et de demeurer éveillé sont deux choses différentes.

Lorsque vous essayez de "demeurer éveillé" comme la plupart le font dans la méditation, vous ramènerez toujours le mental dedans; alors que de s’éveiller signifie d’aller au-delà du mental, du prana et de la Conscience elle-même.

3- La Réalité ne peut pas être connue directement, elle doit passer à travers les portes de la fausseté.

4- Initialement dans votre pratique vous habitez dans votre sens "d’Être" et y demeurez.

Plus tard, quelque chose d’autre vous habite, vous attrape et vous possède.

Le premier est rempli d’effort, alors que le dernier est sans effort.

5- La pratique du pranayamas et du khumbhaks sans la guidance directe d’un Gourou physique est comme tenir une épée et de jouer avec.

6- Toutes les Déités que vous vénérez sont à l’intérieur de vous. Vous êtes Brahma, Vishnu et Mahesh.

Dans l’état éveillé vous créez des mondes d’idées et d’imaginations (BRAHMA).

Durant la journée vous préservez ces projections et travaillez vers eux (VISHNU), alors que dans l’état du sommeil vous les détruisez tous (SHIVA)

7- Ne demandez pas “Pourquoi moi? Demandez plutôt, "À qui?"

Lorsque vous reculez jusqu’au bout, vous trouvez ni questions ni solutions, car l’interrogateur a disparu.

8- La réflexion (Turiya) n’est pas vous, mais elle est certainement la vôtre.

9- Les mots des Maîtres peuvent vous inspirer, mais ne peuvent pas "vous" expirer!

Ils peuvent créer une entaille dans votre fausse identification, mais ils ne peuvent pas la détruire complètement.

10- Considérez-vous libéré seulement lorsque vous avez vu l’état de connaissance aussi bien que de la non-connaissance venant et partant.

Au-delà de toute la connaissance et de la non-connaissance il y a VOUS.

11- Pour un Jnani, les Vasanas (désirs) sont comme tenir la flamme d’une chandelle sous une bouilloire d’eau. La bouilloire peut sentir la chaleur, toutefois elle est incapable d’y faire bouillir l’eau.

Similairement, le corps d’un Jnani peut sentir le mouvement des Vasanas mais pas au point de déborder au-dessus et d’entraîner une réaction incontrôlable.

12- La pratique ne doit pas être mécanique, sinon elle engourdira votre intellect.

La Sadhana doit être dynamique. C’est comme faire voler un cerf-volant. Le cerf-volant est votre sens "d’Être", alors que la conscience est la corde que vous tenez et qui vous relie au cerf-volant. Certaines fois vous amenez le sens "d’Être" près de vous (en tirant sur la corde) et d’autres fois vous la laissez aller (la transcendez en relâchant la corde)

Quoi que vous fassiez, vous ne délaissez jamais la corde de la conscience, même une seule fois.

13- D’une certaine façon, vous pouvez seulement être conscient de Turiya et jamais de vous-même, en tant que le SOI ; juste comme vous ne pouvez pas être l’objet de votre regard, ni que l’œil puisse se voir lui-même. C’est pourquoi certains concluent que Turiya est le Soi.

14- Laissez tomber l’ignorance avant que le corps meure.

15. La non-connaissance doit passer au travers les barrières de la parfaite connaissance.

La non-connaissance n’est PAS un état d’oubli complet ou de non-souvenance tel qu’expérimenté dans le sommeil normal.

16- Il n’y a pas de plus grand bonheur que de demeurer en non-connaissance, mais le mental n’acceptera pas facilement cela. Il résistera.

17- L’humanité est habituée de regarder au-travers le trou de la serrure et de prendre cet entraperçu comme la réalité. La méditation signifie d’ouvrir la porte elle-même et de simplement regarder l’image complète de ce qu’il y a.

18- Il n’y a rien de mystérieux à propos de la méditation. Le mental a créé cette projection et des variétés de théories l’ont exploitée. Méditation signifie simplement "De Regarder".

19- Avez-vous regardé au-delà de l’état éveillé? Si vous ne l’avez pas fait, alors votre "regard" n’est pas entier.

20- Je vous le dis, les pensées n’existent pas du tout.

Précisément en ce moment précis essayez de les rechercher – vous ne les trouverez simplement pas.

21- À part de la technique de s’enfoncer et de tomber à la renverse, essayez ceci à des intervalles réguliers : Accrochez-vous à votre sens d’être et en même temps regardez les pensées.

Cela préparera votre mental à pénétrer plus profondément et vous aidera à ignorer les pensées, qui alors, sembleront flotter à la surface.

22- Ce n’est même pas à vous que les pensées et les émotions arrivent. Ne vous êtes-vous jamais demandé s’ils le font vraiment?

23- Le moment que vous dites Je suis ou Je suis ici, c’est toujours de l’ignorance.

Le "présent" n’est pas le but. Ce n’est qu’un pont vers l’éternel. Alors n’arrêtez pas là

Continuez d’explorer…

24- La Réalisation est tellement ordinaire que nous manquons complètement de la voir.

De l’intérieur de la semence se manifeste un arbre entier avec ses branches, ses feuilles, son tronc, ses fruits, etc. n’est-ce pas?

Similairement, de l’intérieur de la semence JE SUIS se manifeste un Univers entier.

Ce qui semble être ordinaire est la semence (JE SUIS), et à l’intérieur de cette semence repose les extraordinaires merveilles de l’Univers.

Tout le monde est intoxiqué et amusé par l’extraordinaire, mais hélas, personne ne regarde en direction de la semence (la Source)

25- À des intervalles réguliers, demandez "Qui est le chercheur maintenant?"

Est-ce que le chercheur a changé depuis une période de temps?

26- La plus grande des connaissances est Turiya, et c’est l’état final de l’ignorance également.

27- Vous pouvez laisser tomber les concepts et la connaissance seulement après les avoir atteint d’abord.

Considérez qu’il y a deux pommiers dans votre cour. Le pommier #1 porte des pommes alors que le #2 n’en produit jamais. Un certain jour, toutes les pommes du pommier #1 mûrissent et tombent. Maintenant les deux arbres semblent exactement pareils. Mais lequel des deux arbres peut prétendre avoir laissé tomber les fruits? De toute évidence, l’arbre #1.

Similairement, les chercheurs qui ont atteint une compréhension d’une variété de manifestations et formes du Je (corps) sont les seuls pouvant savoir que le véritable Je est au-delà ces formes.

28- La glace se transforme en eau, l’eau en vapeur et la vapeur disparaît dans le ciel.

Elle revient sous la forme de pluie et redevient de l’eau, puis l’eau devient de la glace. Ce cycle se répète jours après jours.

Mais malheureusement l’homme ne s’identifie qu’avec la glace (le corps grossier) C’est la cause de toutes les souffrances.

Avec le regard intense de la conscience, la glace fondera dans la vacuité et éventuellement dans le non-être.

29- La faim est ressentie dans l’estomac mais cela ne signifie pas que vous mangez par l’estomac.

Similairement, même si la félicité s’élève en prédominance dans la région du cœur, cela ne signifie pas nécessairement de focaliser ou de vous concentrez sur le coté droit du cœur.

30- Le cœur véritable n’à pas de centre.

Aussi longtemps que vous pratiquez d’aller à l’intérieur, ressentant votre sens "d’Être", investiguant plus loin en pénétrant profondément jusqu’à la racine, vous verrez que peu importe la sorte de Sadhana que vous pratiquez, le véritable cœur sera révélé.

Le Véritable Cœur est-le SOI.

31. La transcendance de la peur, de la colère et de la luxure ne signifie pas qu’ils sont absents.

Cela signifie seulement que vous savez que vous êtes à part d’eux. Ils doivent être acceptés d’abord, sentis et regardés sans l’interférence d’aucune pensée.

32. Si vous avez devant vous, une cause valide et noble qui recherche votre attention, et que vous éloignez votre regard d’elle, vous vous détournez alors d’une joie et d’un bonheur illimité.

33. Cessez de seulement chercher l’observateur.

RESSENTEZ l’observateur à la place. Fondez-vous dans l’arrière-plan.

JAIASTU,
Rajiv



LA JOIE QUE VOUS CHERCHEZ, C’EST VOUS
(Le Lion, le Mouton et le Lac du Cœur
Rajiv Kapur

La plupart sur la voie spirituelle se trouverons à traiter deux facteurs très importants : la douleur et la souffrance d’une part, et la félicité d’autre part. Cette dernière est de toute évidence la plus désirée et bienvenue, et souvent c’est le but de toute la recherche spirituelle. La première est évitée, crainte et très souvent aussi la raison derrière la démarche spirituelle, qui est considérée comme un moyen d’échapper à la douleur et la souffrance. Je pense que c’est important de jeter un éclairage sur ces deux points car un aspirant va toujours se trouver face à face avec les deux lors de sa démarche spirituelle.

Dans la première partie de cet article, j’aimerais aborder la Félicité et la Joie. Donc, qu’est la Félicité ? Est-ce permanent ? Comment puis-je atteindre et obtenir cet état ? Cette félicité est-telle réelle, ou irréelle ? Il serait sage ici de rappeler une ancienne histoire Hindoue à propos d’un lionceau qui, dans des circonstances inusitées, fut élevé par un troupeau de mouton à la place de sa mère. Les moutons étaient très gentils et élevèrent le lionceau (nous l’appellerons le "lion-mouton") comme les leurs. Le lion-mouton a grandi parmi eux, croyant que lui aussi était un mouton. Il dormait avec eux, jouait avec eux, mangeait de l’herbe avec eux, et bêlait lorsqu’ils le faisaient. Il est devenu aussi craintif qu’eux à l’apparition d’une menace potentielle.

Des années s’écoulèrent. Un jour, derrière des arbres, un énorme lion bondit et menaça le troupeau. Ils se blottirent ensemble, terrifiés. C’est alors que le lion remarqua le lion-mouton tremblant au milieu du troupeau. Le lion-mouton bêlait au lieu de rugir. Le lion demanda : "Pourquoi bêles-tu au lieu de rugir ? Pourquoi vis-tu parmi des moutons ? Tu es un lion."

Le lion-mouton n’a pas cru cela du tout. Il a été un mouton toute sa vie. Apeuré, il a essayé de fuir. Mais le gros lion l’attrapa et le traîna vers un lac, où il dit au lion-mouton de regarder sa réflexion dans l’eau. Le lion-mouton se pencha vit son visage pour la première fois. Il vit qu’il n’était pas un mouton ; il était un lion après tout. À partir de ce moment tout changea pour le lion-mouton. Il rugissait au lieu de bêler et devint ce qu’il était destiné être. Il n’était pas censé vivre une vie de peur, de suivre un troupeau de moutons et de faire aveuglément ce qu’ils faisaient. Il était un lion. Il était puissant, noble et fort.

Cette analogie nous procures un aperçu très profond sur la voie spirituelle et plusieurs idées fausses autour de notre vie spirituelle se calment.

Premièrement, la félicité n’est PAS un accomplissement. C’est notre propre réflexion, notre propre nature intérieure. Le lion a toujours été un lion. Il ne fut jamais un mouton. Le bébé lion-mouton s’était faussement identifié comme un mouton…similairement, nous nous sommes identifiés erronément avec la mentalité du troupeau, qui est ce "Je suis untel" – le corps, le mental, l’intellect, les énergies. Nous avons omis de regarder dans le lac de notre cœur. Une fois que nous voyons clairement notre véritable soi, la fausse identification tombe complètement. Le souvenir du troupeau ne prédomine plus. La Félicité domine complètement. Nous n’avons qu’à "regarder" assez profondément à l’intérieur, puis nous verrons clairement la réflexion. Cette Félicité est ce que vous avez toujours été, donc il n’est pas question qu’elle vienne et parte. Ce qui vient et part n’est qu’un état mental. Cette Félicité est souvent adressée en tant que SAT-CHIT-ANANDA. Ceci signifie que la félicité demeure éternellement, et ne partira jamais. SAT-CHIT-ANANDA peut simplement être vu comme trois mots séparés signifiant EXISTENCE-CONSCIENCE-FÉLICITÉ, mais ensemble ils dénotent une signification importante beaucoup plus profonde qui est "La Conscience qui existe éternellement comme Félicité." Une fois que nous l’aurons réalisé, nous saurons que nous avons toujours été cette félicité. Elle demeure éternellement. Comment peut-elle me quitter ? Nous saurons qu’elle ne nous a jamais quittées en premier-lieu.

Quelques éléments et caractéristiques clés de la félicité SAT-CHIT-ANANDA et ma propre expérience à ce propos sont décrit dans les points suivants :

1) C’est ce que vous êtes déjà, ce n’est donc pas une question d’accomplissement ou de devenir cette Félicité.

2) C’est continuel, coulant éternellement et une Joie toujours renouvelée.

3) Tout ce qu’il faut pour le réaliser est un regard intérieur intense (vers le lac de notre cœur intérieur) et loin de la gratification des sens extérieurs (la mentalité du troupeau) Le chemin que le lion-mouton prend vers le lac représente le voyage intérieur que chaque Sadhaka (aspirant spirituel) doit entreprendre. Ce n’est pas suffisant de simplement assumer que nous sommes déjà le "lion" et qu’alors il n’y a rien à faire, comme le déclare les Néo-Advaitiens.

4) En ne regardant pas notre réflexion dans le "lac" (La Félicité coulant du cœur) toute connaissance n’est qu’une connaissance mentale. Le doute persistera toujours. Le lion-mouton doit entreprendre le voyage vers le lac pour voir sa véritable réflexion. C’est obligatoire. Sans une conviction ferme découlant d’une expérience directe, qu’importe avec qu’elle force le lion-mouton essai de rugir, il ne fera que bêler. La plupart sur la voie spirituelle ne prennent pas la voie intérieure comme discipline (méditation formelle) et plusieurs d’entre eux qui le font sont facilement distrait à mi-chemin ou abandonnent complètement. Plusieurs font du "magasinage" de gourou et lisent une variété de livres, essayant de trouver une technique ou un aperçu qui peut leur révéler la "Vérité" dans une très courte période de temps. Ils saisissent mentalement une variété de concepts différents et ils essaient de trouver la "Vérité" à travers ces concepts mentaux. C’est comme essayer de trouver des poissons dans un bassin d’urine. On ne peut trouver des poissons que dans un lac. En conséquence, il est d’une importance vitale de limiter la lecture et de plonger plutôt, dans le lac intérieur de notre cœur. Tous les doutes disparaissent lorsque le lac est rejoint (lorsque l’énergie vitale est stabilisée dans le cœur) Seulement à ce moment peut-on dire que le voyage spirituel est complété, pas avant.

5) Deux signes certains que l’on a atteint le "lac", qui est la fin de la quête, sont :

a) Premièrement, il doit y avoir un moment ou le souvenir du "mouton" (corps/mental/ego) est complètement parti et que la conscience du lion (pure félicité ininterrompue) prend charge. Ceci signifie que la connaissance J’EXISTE ne peut pas être double, le lion et le mouton (corps/mental/ego) Dans cette connaissance LES DEUX NE PEUVENT PAS COEXISTER. Il doit y avoir un moment où l’on constate qu’une nouvelle réalité vient d’émerger, INDÉPENDANTE du corps/mental/ego. Ceci signifie que l’expérimentateur n’est pas ce corps/mental/ego. Plusieurs parlent de la Félicité qui s’élève et qui descend, d’expérience d’unité, d’une conscience et vigilance expérimentée ou d’un SOI à l’arrière plan (souvent un autre concept mental) mais aucun de ceux-ci ne constitue un éveil véritable car ils sont expérimentés à travers l’état normal éveillé, où l’expérimentateur est toujours le corps/mental/ego. C’est une autre faiblesse du Néo-Advaita et de ceux qui fuient la méditation formelle. Ils n’ont pas été plus profond loin que l’état éveillé et du rêve pour voir leur véritable réflexion.

b) Deuxièmement, la quête s’arrête automatiquement lorsque vous ne l’habitez pas. À la place, la Félicité vous habitera, vous captivera et vous possèdera. Elle vous maintiendra si proche d’elle que les gratifications sensorielles extérieures perdront leurs charmes et leurs effets sur vous. Rien à l’extérieur ou à l’intérieur ne vous enchantera. Toutes les formes de pratiques et de recherches tomberons automatiquement.

6) La Félicité qui vient et part (comme un entraperçu) n’est rien d’autre qu’un état mental. La joie et la félicité temporaire qui apparaît, prend place lorsque le mental est purifié avec la Sadhana (méditation formelle et la recherche du Soi) Mais ils disparaissent également, puisqu’ils proviennent du mental. Plusieurs aspirants poursuivent cette joie et félicité, et se sentent découragés et démotivés de poursuivre leur Sadhana lorsque la joie et la félicité leur échappent, mais c’est une grave erreur. C’est ici qu’un enseignant conseille à ses étudiants de ne pas s’inquiéter si la félicité se manifeste ou non. L’on demande à l’étudiant de laisser tomber tout ce que le mental amène – peine ou joie, et de ne pas s’identifier avec l’un ou l’autre; de simplement plonger plus profondément sans s’inquiéter si des résultats apparaissent sous la forme de joie ou de félicité. Toutefois il ne sera pas question de lâcher la félicité de SAT-CHIT-ANANDA, car elle ne vous le permettra pas. Vous serez impuissant. Est-ce qu’un alcoolique peut demeurer sensé et perdre son intoxication seulement par sa volonté ? Je sais que ce n’est pas un bon exemple, et de toute évidence ce n’est pas pour insinuer qu’elles sont similaires d’aucunes façons, car l’état de SAT-CHIT-ANANDA (l’intoxication Divine) est un état d’une grande lucidité contrairement à tout alcoolique, et la joie excède grandement celle de boire ou des plaisirs de ce monde.

AU-DELÀ LA FÉLICITÉ DE SAT-CHIT-ANANDA :
Une fois qu’un Sadhaka s’est établie dans cette Félicité (L’intoxication Divine) qui les retient sans interruption et continuellement, ils sentirons intuitivement et saurons qu’ils sont au-delà cela également. C’est décrit dans mon livre avec Maître Edji ("Autobiographie d’un Jnani" par Edward Muzika et Rajiv Kapur) comment cette certitude est établie. Vous "savez" lorsqu’un "état" d’existence intemporelle/d’inexistence vous visite. C’est un fait bien établi qu’il est impossible de décrire cela avec des mots. Vous savez à ce moment que vous êtes CELUI, qui est antérieur à SAT-CHIT-ANANDA. La réflexion n’était pas MOI. J’étais toujours le témoin. Toutefois, aussi longtemps que la Conscience demeure, la forme la plus pure de félicité enveloppe votre entière existence. Sachant que vous êtes antérieur à cette Félicité ne signifie pas que cette félicité cesse de couler de votre cœur. Elle s’étend de plus en plus loin, et fait son chemin au cœur de nombreuses formes de Conscience, transformant la vie des autres en une grande joie et un grand bonheur. Tout se transforme en amour. Le lac du cœur (SAT-CHIT-ANANDA) se transforme en un océan de félicité et d’amour, ressentant une grande joie avec la joie des autres et une immense douleur à la souffrance des autres.

Dans ma prochaine causerie j’aborderai pourquoi nous ne pouvons pas nous séparer de l’expérience de la souffrance et de la douleur de la Conscience, et comment elle se transforme en amour.


COMPRENDRE LA DOULEUR ET LA SOUFFRANCE:
L’Acceptation Complète de Ce Qui Est
Partie deux de LA JOIE QUE VOUS CHERCHEZ, C’EST VOUS
(Le Lion, le Mouton et le Lac du Cœur)
Rajij Kapur

Dans mon premier article j’ai dit que si vous débutez votre voyage en croyant que l’objectif complet de la "Recherche du Soi", de la méditation et de toute pratique spirituelle est la réalisation de la félicité, alors vous serez facilement et maintes fois désappointé dans votre cheminement spirituelle. Le but de la méditation n’est pas d’atteindre un état ou le phénoménal, mais seulement de regarder. Il n’est pas nécessaire de mendier pour la félicité, la joie, ou, de chercher les expériences, les phénomènes ou les états altérés et élevés de conscience. J’accepte complètement ce que mon "sens d’Être" me montre. Je ne souhaite pas le transformer en quoi que ce soit d’autre que ce que Je suis. Je ne veux rien atteindre, ni changer quoi que ce soit. Je ne veux que regarder et ressentir profondément. C’est ma seule intention dans la méditation.

En demeurant avec une attention focalisée sur le sens d’être, le "Je Suis", ce qui ressemble au début à regarder au travers le mental, lentement transcende cet instrument et deviens regarder à travers la Conscience. En quelque sorte le concept de regarder à travers le mental tombe le long du chemin, alors que le mental devient de plus en plus purifié et subtil. L’observation doit être au-delà du mental pour être complète et totale ; seulement alors est-elle appelée profonde. Lorsque l’observation devient parfaite grâce à la conscience purifiée, la vérité est finalement reflétée (comme dans le lac intérieur de la félicité discuté dans le dernier article) Nous connaissons alors qu’il n’y avait rien à atteindre, à accomplir ou à acquérir. Nous avons toujours été la joie que nous voulions et cherchions. Tous les doutes s’évanouissent complètement.

Malgré la croyance de certains, que "rien n’a besoin d’être fait", l’observation (voyage dans le lac du cœur) fut très nécessaire, même si nous avons toujours été cette joie. Similairement si vous débutez votre démarche spirituelle en croyant que l’objectif de "La Recherche du Soi", de la méditation et de la pratique spirituelle est la fin de toute souffrance (comme la plupart le croient) alors vous aussi serez désillusionné. Vous échouerez à maintes reprises si vous pensez que vous pouvez vous sauver de quoi que ce soit, soit la douleur ou le plaisir, par la méditation ou "La Recherche du Soi". Le fait est que vous ne pouvez PAS l’éviter.

Vous devrez l’accepter complètement, et vous y abandonner. Même la connaissance que je suis SAT-CHIT-ANANDA ne fait pas partir la douleur ou la souffrance. C’est Bouddha qui a dit que l’Illumination est la fin de toute souffrance. Cette déclaration à peut-être créée une des plus grande idée fausse dans le domaine de la religion et de la spiritualité, contrairement à ce qui est actuellement expérimenté.

Regardez autour de vous. Ne voyez-vous pas la quantité de souffrance prenant place ? La façon dont les animaux sont traités, la façon dont de petits enfants sont exploités, la façon dont les humains se traitent entre eux, le niveau d’intolérance entraînant la colère, la rage et la violence, les guerres sanglantes combattues au nom de la religion, semant la haine et la division. Toutefois nous avons développé l’habitude de détourner nos yeux de telles situations déplaisantes. Nous voulons éviter de voir. La fuite devient une habitude. C’est aussi de cette façon que nous traitons nos propres peurs et peines. Nous regardons simplement ailleurs et pensons pouvoir les éviter. Cela me rappelle l’histoire du lièvre qui ferme ses yeux lorsqu’un tigre l’attaque. En simplement fermant les yeux, il croit qu’il peut échapper à l’attaque du tigre. Mais le danger est toujours là. Le tigre est prêt à bondir sur le lièvre apeuré à tout moment. Similairement nous aussi serons toujours perturbés et affectés avec ce qui arrive autour de nous, même si nous choisissons de regarder ailleurs. Tout est subtilement connecté avec tout le reste.

Évidemment, Bouddha n’a pas fait une fausse déclaration. C’est notre compréhension de lui qui n’est pas correcte, car nous utilisons notre mental pour obtenir toute compréhension. Si nous essayons de comprendre Bouddha avec notre mental, alors nous cherchons ce que notre mental veut, qui est un bonheur/joie complète avec aucun moment de peine ou de douleur. Le mental veut que vous croyiez que ceci est possible en vous engageant dans diverses poursuites spirituelles, mais ceci est loin de la vérité. Vous serez désillusionné en gardant ce but dans votre cœur. Entreprendre une démarche spirituelle dans le but d’éviter la souffrance et d’y échapper est de débuter le voyage sur le mauvais pied. Cette observation ne sera jamais profonde ou complète car elle sera déjà biaisée dès le début. Cette observation qui est le résulta de la méditation profonde doit être accomplie sans penser à ce qu’elle peut apporter, avec seulement une acceptation complète de ce qui est.

Ici nous avons assumé que tout nos problèmes, souffrances et douleurs vont disparaître complètement. Au contraire toutefois la démarche spirituelle et l’Éveil peuvent actuellement résulter en une grande douleur et souffrance, plus que ce que vous n’auriez jamais imaginé. Comment peut-il en être autrement ?

En poursuivant votre démarche intérieure, vous deviendrez hautement sensible à la souffrance des autres autour de vous. Cela triturera et tordra votre cœur, le déchirera en milliers de morceaux en voyant un animal torturé ou tué pour de la nourriture ou de savoir qu’un enfant à été sacrifié au nom de la religion ou forcé à mendier ou de se prostitué. Vous sentirez profondément ceux qui pleurent de douleur due à une maladie terminale. Comment peut-on ne pas ressentir cela ?

La connaissance que nous sommes Un être ; une Conscience interconnectant chacun d’entre nous nous fera ressentir et être intimement lié à la souffrance de tous les êtres vivants. Nous n’avons pas vraiment à pratiquer l’Amour ou la compassion comme certaines disciplines spirituelles suggèrent. Comment pouvons-nous faire cela ? Personne ne peut vous enseigner comment Aimer et ressentir. C’est tellement anormal de même le suggérer. Nous n’avons pas besoin de faire un effort pour nous reconnecter ensemble.

Nous sommes déjà une Conscience unique qui ne fut jamais séparée en premier lieu. Nous n’avons qu’à faire la véritable observation que nous avons évitée de faire auparavant. Ce refus nous a rendus insensible, avec un intellect engourdi. Nous vivons à peine comme des humains. Nous commençons à vivre presque comme des machines, dictés par des comportements passés sur comment penser, agir et réagir. Même notre quête spirituelle devient un patron, souvent une programmation. Notre mental poursuit des techniques de méditation, ou, des récitations répétitives et sans fin de mantras, tous mécaniques. J’ai lu quelque part que nous sommes des êtres spirituels ayant une expérience humaine. Je me demande si cela est réellement vrai. Il serait plus approprié de dire que nous sommes des robots programmés essayant d’être des êtres spirituels, alors que nous sommes incapable d’être de bons humains d’abords.

Nous avons cessé de ressentir profondément parce que nous avons arrêté de regarder et d’observer profondément. Toutefois, si vous êtes prêt à accepter cela vous devrez faire face à plus de douleur, plus de peur et de souffrance, alors la "Recherche du Soi" et la méditation ouvrira votre cœur. Vous atteindrez le lac du cœur sans effort et pourrez clairement voir votre véritable réflexion. Ceci ne signifie pas que vous devez inviter la douleur et la souffrance dans votre vie. Je dis seulement, soyez prêt à les accepter et les embrasser s’ils vous visitent. Donnez leur votre attention. Pas aux pensées, mais seulement aux sensations. Lorsque vous êtes attentif seulement au COMMENT au lieu du POURQUOI vous ressentez, et le mouvement intérieur entier sera connu. Ce mouvement est connu pour avoir une origine et une fin. Et si vous observez intensément vous saurez où ce mouvement se termine, vous vous trouverez en tant que paix profonde et Amour. Vous pourriez ressentir une grande sensibilité ; une grande compassion, une grande douleur et une grande peine, et cela ouvrira les vannes d’amour et de félicité à l’intérieur de vous. Toutefois vous demeurerez complètement non-affecté par tout cela. Vous saurez que le mouvement intérieur émergent et sa chute survient seulement en surface et ne dérange pas la paix, la profondeur où vous êtes vraiment ; beaucoup comme les vagues qui s’élèvent et tombent sur la surface de l’océan sans déranger le calme des profondeurs. Les vagues et la douleur se dissoudrent et fondent. Le plus grand de tous les tsunamis semble s’unir et de retirer dans l’abysse d’un silence profond.

Le destin de chaque vague, de chaque souffrance est ce silence. Silence qui ne peut pas être décrit, ni mesuré. Ce silence éternel est VOUS.

La véritable libération ne signifie pas l’absence de douleur, de peur, de souffrance ou de peine. Elle signifie leur transcendance. Elle signifie que vous avez la force intérieure de les ignorer et la connaissance qu’il n’y a aucune croix que vous ne pouvez pas porter. Elle signifie que rien ne peut vous ébranler. La souffrance devient alors votre enseignant. Elle déverrouille la porte vers ce qui existe au-delà. Elle vous dirige vers l’Amour, et finalement vers ce profond silence éternel où vous êtes et vous reposez.

Rajiv Kapur
Fin de la partie 2.