mardi 27 mars 2012

Comment puis-je larguer l’égo?

Comment puis-je larguer l’égo?

Par Rajiv Kapur

http://www.rajivkapur.com

Transcription et édition d’une causerie donnée lors d’une retraite à Lonavla le 18 février 2012

Rajiv : Merci d’être ici et de partager avec moi – la joie – que nous sommes tous.
J’ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que nous sommes déjà le Soi! Il n’y a rien à faire.

Et la mauvaise nouvelle, c’est que nous ne le réalisons pas! Il y a une chose qui nous éloigne de la Réalisation du Soi et c’est – l’égo ou ahankar – je suis ceci ou je suis cela… Donc, l’égo nous tient éloigné de ce que nous sommes déjà. Chaque aspirant spirituel ou chercheur lit cela très souvent – que c’est l’égo qui est le principal coupable. Il visite des Maîtres et même eux disent, "laissez tomber l’égo". Lorsque l’égo est abandonné, le Soi apparaît.

Conséquemment, chaque chercheur est anxieux de larguer l’égo. Et la plupart des questions d’un chercheur sont à propos de cela - "Comment puis-je larguer l’égo?"
L’égo ne peut pas être largué! Pourquoi ne peut-il pas l’être?

Qui largue l’égo? Qui veut le larguer? Ou plutôt, qui tente de larguer l’égo?
J’ai pensé à une histoire que j’aimerais vous raconter. Il y avait un marchand très riche mais miséreux qui ne pouvait pas se défaire de son argent. Il était très malade et mourant. Il a donc essayé tout ce qu’il pouvait pour être mieux – toutes sortes de remèdes et de pratiques – mais rien ne fonctionnait. Quelqu’un lui dit de visiter un sage possédant des pouvoirs miraculeux, qui pouvait le guérir de sa maladie. Donc, cet homme va voir le sage et lui dit qu’il voulait être guérit de cette maladie afin de vivre plus longtemps. Le sage lui dit que c’était possible. L’homme demande : "Dites-moi ce que je dois faire? Quel remède dois-je avoir? Quel puja (offrandes) devrais-je performer? Je suis prêt à faire n’importe lequel puja et je peux faire n’importe quoi, soulagé moi seulement de ma souffrance pour que je puisse prolonger ma vie".

Le sage répondit : "Vous n’avez rien à faire, vous pouvez obtenir du soulagement immédiatement".

"Comment?"

Le sage répond : "Je vois une bague avec un diamant sur votre doigt. Il y a un puits près de ma maison, ma kutiya, laissez tomber cette bague dans le puits. C’est très simple, je vous le promets."

L’homme part pour accomplir cela avec beaucoup de respect et il pense qu’il sera bien maintenant. En marchant vers le puits, à cause de ses tendances miséreuses, il commence à penser - "Est-il en train de me ridiculiser? Peut-être que si je jette ma bague dans le puits, quelqu’un la repêchera secrètement et la prendre, qui sait?" Dit-il!

Il dit : "Mais, laissez-moi essayer. Après tout, j’ai fais tout ce trajet pour le voir et c’est une si longue route. Il doit être un Jnani, un yogi, il est reconnu comme une grande personne. Laissez-moi le faire et voir ce qui se produira."

Alors il se dirige vers le puits. Il enlève sa bague et au moment ou il la relâche d’une main, l’autre main la rattrape rapidement avant qu’elle ne tombe dans le puits. L’homme pense : "Es-tu certain de vouloir faire cela?" Mais il reconsidère la question - "Non, non, je dois la laisser tomber. Si je dois vivre, je dois avoir une confiance complète dans ce sage sinon cela ne fonctionnera pas. Je dois laisser tomber cette bague."

Encore une fois, une main lâche la bague mais l’autre main l’attrape alors qu’elle tombe. Ceci se poursuit encore et encore.
La question est, qui est celui qui laisse tomber la bague? La peur – la peur qu’il va mourir.

Et qui est celui qui l’attrape? La cupidité. C’est le doute et la cupidité qui le font s’agripper à elle.

La cupidité et la peur sont des composantes du mental. Alors je dis – vous ne pouvez pas laisser tomber l’égo! Chaque fois que vous essayez de le larguer, le mental renforce l’égo de nouveau. Ce n’est rien d’autre que le mouvement du mental que de laisser tomber l’égo.

Le mental est un Maître du camouflage, un Maître du déguisement. Sri Ramana a donné un très bon exemple. Le mental est déguisé en policier, mais en réalité il est le roi des voleurs et l’égo est son serviteur. La personne principale est le policier, le mental – il est le Maître de l’égo; il est le père de l’égo. N’est-il pas le père de l’égo? Qu’est-ce que l’égo? Quand sentez-vous en premier que vous avez un égo? Quand avez-vous la première sensation du "Je"?

Participant : Lorsque vous vous réveillez le matin

Rajiv : Absolument En sortant de votre sommeil, le sens du "Je" arrive. Avant que le sens du "Je" arrive, le mental est apparu. Lorsque le mental est absent, le monde n’est pas là, il n’y a pas de "Je". Dans le sommeil profond avez-vous une connaissance du "Je"? Non! Sauf qu’il y a un vide et il y a la joie. Il y a un repos profond dans le sommeil profond. Mais dès que vous vous levez le matin, l’identification débute, et l’identification est amenée par le mental.

Le mental apparaît en premier. Lorsque l’identité "je suis untel" apparaît, le monde vous apparaît aussi. Alors je dis – oubliez l’égo, oubliez tout concernant de larguer l’égo! Attrapez le Maître – le mental – car si vous attrapez le mental, si vous attrapez le chef de gang, les petits voleurs ne feront rien.

Alors ma prochaine question est – qu’est-ce que le mental? Quand êtes-vous conscient en premier du mental?

P1 : L’espace.

P2 : Les pensées

R : Les pensées! L’espace arrive après. Le mental c’est les pensées diverses avec lesquelles vous vous identifiez - "Je me dirige vers le bureau", "je m’en vais au travail", "Mon patron me harcelle toujours", "Maintenant ceci arrivera"…C’est une diversité de pensées que vous entretenez et vous vous identifiez avec elles et ceci est devenu le mental. Donc, la première prise de conscience du mental, c’est les pensées.

Alors, puis-je comprendre les pensées? Est-ce que je peux essayer, observer et comprendre les pensées?

Les pensées sont les premières composantes du mental. Qu’arrive t-il lorsque vous voyez une pensée? Jusqu’à maintenant vous étiez identifié aux pensées; c’est devenu "vous". Les pensées vous dictes et vous êtes devenu le mental.

Lorsque vous commencez à observer ou à être témoin des pensées, vous êtes antérieur aux pensées. Vous dites, "je suis le témoin des pensées". Votre centre est devenu antérieur aux pensées. En regardant les pensées, même lorsque je suis au centre d’une pensée, il n’y a aucune pensée! Le simple fait de regarder les pensées est "l’absence-de-pensée". Pensez-y. Chaque fois qu’il y a identification avec une pensée, regardez juste la pensée. Elle arrête au milieu de la phrase-pensée.
Qu’est-ce qu’il arrive alors? Je suis devenu l’observateur de la pensée : "la-pensée-Je"

Et puis de : Je-espace-pensée. J’observe un espace entre les pensées. Il y aura un espace et puis la pensée. Ce n’est pas que les pensées vont finir. Les pensées vont continuer d’arriver. Elles sont destinées à se produire. Vous n’arrêtez pas les pensées, mais les regardez seulement, étant un observateur des pensées.
Maintenant il y a : pensée - écart – pensée… pensée – écart– pensée…pensée –écart –pensée…pensée ---écart ---pensée…pensée -----écart -------pensée.

Quelque chose devient plus grande que la pensée. L’écart devient plus grand que la pensée. L’intervalle entre deux pensées s’allonge de plus en plus. J’ai accompli ceci de deux façons – une, en stoppant volontairement la pensée; par ma volonté. Je stoppe la pensée et je vois un écart qui est aussi appelé l’espace. C’est la même chose. Ou, je regarde simplement les pensées; j’observe les pensées à des intervalles régulières. Toujours il y aura un espace, ou un écart entre les pensées.

Un temps viendra ou l’écart sera plus long que les pensées. Mais cela ne signifie pas que les pensées cesseront. Ce qui arrivera, nous réaliserons que l’espace n’est PAS un écart. Ce n’est PAS un espace entre deux pensées. En fait, c’est l’arrière-plan des pensées. Ce n’est pas un écart.

Cela semble être un écart au début, mais plus tard, l’espace devient l’arrière-plan, une conscience calme. Et il y aura seulement cet écart, un espace immense et sur cela ces petites minuscules pensées vont apparaître et disparaître, presque semblable à des vagues dans l’océan. Ce qui est réalisé être un écart devient de plus en plus grand et puis il y a une réalisation – que ce n’est pas un écart, ceci est espace, un espace à l’arrière-plan sur lequel toutes les pensées s’élèvent et tombent, s’élèvent et tombent.

Donc je peux regarder mes pensées ou stoppez mes pensées, et je peux reconnaître cet espace à l’arrière-plan, ici-même, et l’observer. Je peux le faire ici si j’ai une vision expansive de tout ce qui est ici, à ce moment-même, ce qui signifie, d’amener plusieurs objets que vous voyez en ce moment-même, dans votre état présente de conscience; pas un ou deux, mais plusieurs objets. Regardez avec une vue lointaine. C’est comme engloutir tout les objets dans cet espace.

Il y a ce calme et dans cet espace calme tout émerge et tombent. Je n’ai qu’à reconnaître cela encore et encore, c’est tout.

Je me détends dans cet état calme de la conscience, dans cet espace. Je suis un avec elle. Lentement cet espace grandit. La certitude, la reconnaissance de cet espace est tellement profonde que tout ce que je vois est l’espace – malgré qu’elle provienne de mes sens. Tout mes cinq sens ne voient que l’espace; tout mes cinq sens se fondent dans cet espace. Et puis-je vous demander ce qui nous sépare, vous et moi, ici maintenant? – L’espace! Une partie de l’espace me touche, une partie de l’espace vous touche. Et cet espace est le lien d’amour entre vous et moi, entre chacun d’entre vous. Et où il y a de l’amour, il n’y a pas d’égo. Rappelez-vous, si quelque chose vous touche – l’espace, cet espace me touches, et nous sommes cela.

Nous sommes tous connectés, tout les objets sont connectés, à travers l’espace, et je me trouve en vous et vous vous trouvez en moi, et puis-je vous demander ce que c’est? Amour!

Je deviens un avec vous à travers l’espace; cela nous connecte tout les deux. Je deviens un avec tout à travers l’espace – les montagnes, les rivières, les chaises, les tables, les pécheurs ou les saints, les hommes ou les femmes, n’ont pas d’importance. Je suis connecté.

Et lorsque je deviens tout, où est mon sens du "Je"? L’égo n’a pas été largué. Il est automatiquement disparu, car j’ai reconnu quelque chose antérieur à lui – la reconnaissance de l’espace qui me connecte avec tout le monde.

Maintenant, quand je ferme mes yeux, il n’y a plus d’espace comme je le voyais avant. Il y a l’espace, mais pas l’espace brillamment illuminé que je peux voir avec les yeux ouverts. Je ne vois pas d’objets quand je ferme mes yeux; les objets ont disparus. Tout disparait quand je ferme mes yeux. Ce que je vois, c’est la vacuité noire. Le Vide, c’est tout. Mais le même calme est toujours disponible là, pas sous la forme d’espace brillamment illuminé, mais sous la forme d’une vacuité noire, une vacuité vide et noire. La brillance est disparue, les objets sont partis, tout est parti, et il n’y a rien.

Lorsque je tourne mes sens à l’intérieur, qui se projetais à l’extérieur en tant qu’amour, à l’intérieur ils sont devenus vide, zéro, rien, vacuité. Maintenant je revois là, toutes mes pensées lorsque je ferme mes yeux. Je vois les histoires que j’ai inventées, je vois mes émotions, toutes les images qui vont et viennent, mais encore, je reconnais cet espace unique que je voyais à l’extérieur de moi, qu’elle à prit la forme d’une vacuité à l’intérieur de moi. Elle tombe toujours sur une conscience calme; la seule chose, c’est qu’elle a changée son apparence.

Disons que vous avez un miroir et qu’il y a de la poussière d’accumulée dessus. Le reflet n’est pas bon à cause de cela et je ne peux pas voir ce qu’il reflète clairement. Alors je prends un linge et je l’essuie. Maintenant la réflexion est très claire, l’objet est vu, il est beau. Christy est très belle dans le miroir, tout le monde est beau dans le miroir. Pendant qu’il y a de la lumière, la réflexion est parfaite. Lorsqu’il y a une lumière brillante, à cause de la surface brillante et lisse du miroir, l’image est très belle.

Mais, disons la nuit, il n’y a pas de lumière, il y a la noirceur absolu. Il n’y a pas d’image dans le miroir, les images sont disparues. Mais pouvez-vous dire que le miroir est entaché? Non, il est toujours clair et brillant, mais il n’a tout simplement pas la lumière pour refléter, mais, c’est le même miroir. La poussière est partie.

Similairement, lorsque vous fermez les yeux et voyez le vide, la conscience intérieure du miroir est intacte. Elle est claire, brillante, propre. Elle est prête à refléter lorsqu’il y a de la lumière. "Prête à refléter" signifie que dès qu’il y aura l’état éveillé, elle est prête pour montrer une image claire d’amour. Et lorsqu’elle est dans un état de vacuité, au-delà l’état éveillé, c’est peut être sombre, mais elle est toujours claire, brillante et lisse.

C’est votre mental. Les seules choses manquantes sont les images, c’est tout. Mais la conscience est intacte. Elle n’est pas partie. Et lorsque je vais assez profondément, je ressens le calme, le même calme, transporté vers l’état éveillé, celui du rêve et du sommeil profond. Je réalise que je suis ce vide, ce rien. Je ne suis rien.

Alors, quand je suis rien, où est l’égo? Y a-t ‘il un égo? Lorsque je suis quelque chose, il y a un égo. Lorsque j’ouvre mes yeux, je suis tout, donc aucun égo, car je suis tout. Mon identité individuelle n’est pas là, je suis vous, les océans, les montagnes, je suis tout. Je trouve mon centre dans tout lorsque j’ouvre les yeux – à travers l’espace. Et lorsque je ferme mes yeux, je constate que je ne suis rien.
Ma vie va de tout à rien. Où est l’égo alors? Il n’y a pas d’égo. Entre les deux ma vie bascule – de tout à rien.

L’amour est…lorsqu’il y a de l’amour, l’égo est absent, les deux ne peuvent pas être là. Si vous voulez connaître votre progrès, il n’y a qu’un seul baromètre – est-ce qu’il y a de l’amour dans votre cœur? Qu’importe à quel point vous souffrez, qu’importe qui vous fait souffrir, oubliez tout ça, est-ce qu’il y a de l’amour dans votre cœur ou non?

S’il y a de l’amour, il n’y a pas d’égo. Les deux ne peuvent pas être là les deux ensembles.

Je me rappelle d’un doha (un couplet) de Kabir. Il dit, "Jab main tha, tab Hari nahin. Ab Hari hai to main nahin. Prem gali ati sankari. Is mein do na samahi."
Cela signifie - "Lorsque j’étais, Dieu n’était pas. Si Dieu est, alors je ne suis pas. La rue de l’amour est très étroite. Deux ne peuvent pas passer en même temps." Seul l’amour peut passer. Prem gali… La rue de l’amour est très étroite. Un seul peut y passer et cela c’est la voie de l’amour.

Plusieurs d’entre vous êtes plein d’amour. Je le vois – tellement d’amour. Lorsque cela atteint un tel niveau que vous ne pouvez pas le contenir, il n’y a aucune place pour que l’égo entre; car tout ce que vous trouverez c’est Amour, des effluves d’Amour, à travers vous.

Copyright  Rajiv Kapur, février 2012

lundi 26 mars 2012

Cours Pratique sur la Recherche-du-Soi - Niveau 1 et 2

Une nouvelle page fut publiée pour le texte en titre de Rajiv. C'est une revision de "La Recherche du Soi 1" qui fut publiée plus tôt.

jeudi 22 mars 2012

Le diagramme de la structure du Soi

Un merci à Laya Jakubowicz qui a acceptée de publier le diagramme sur son très beau site.
http://perlesdebonheur.blogspot.ca/#!/

La Structure du Soi selon Rajiv Kapur

Pierre Bonnasse à créé un très beau diagramme sur la structure du Soi selon l'enseignement de Rajiv Kapur. Ce blog ne permet pas de le publier dans un format lisible. Ceux qui aimeraient en avoir une copie, faites la demande via courriel et je vous ferai parvenir une copie

mercredi 1 février 2012

La méditation déconstruite

La méditation déconstruite

La méditation n’est pas la concentration. La méditation n’est pas l’arrêt de vos pensées. Ce n’est pas de fuir vos problèmes. Ce n’est pas d’atteindre un état - - paix ou joie.

Ce n’est pas d’observer, car dans une véritable méditation l’observateur lui-même est absent. Ce n’est pas à propos des heures consacrées en méditation. Si vous jetez un œil sur le temps que vous y avez consacré, vous regardez actuellement le temps ou vous n’étiez pas en méditation. Vous pouvez pratiquer une variété de techniques de méditation, toutefois vous ne savez jamais ce qu’est la véritable méditation. Lorsque les techniques tombent, que le chant cesse, que le temps tombe, c’est seulement là que la méditation apparaît.

La méditation c’est d’enlacer; c’est de célébrer; c’est d’accueillir; c’est l’abandon; c’est de faire l’amour. Remarquez que je n’ai pas fait mention de quelque objet que ce soit. Je n’ai pas dit d’enlacer, de célébrer, d’aimer quoique ce soit en particulier, car d’avoir un objet signifie de rater la méditation. S’il y a un objet, il ne peut pas avoir méditation. S’il y a un objectif, même là, il ne peut pas y avoir méditation. La fin d’un objet ou d’un objectif est le début de la méditation.

La méditation c’est de sourire; la méditation c’est de rire - - sourire et rire pas pour n’importe quelle raison, mais de sourire et rire car il n’y a aucune raison. La méditation n’est pas lorsque vous avez perdu votre mental. La méditation c’est – lorsque vous ne pouvez plus retrouver votre mental une fois que vous l’avez perdu. Si vous croyez être en méditation, sachez que vous n’y êtes certainement pas. Aucun Maître ne peut vous enseigner la méditation; tout ce que vous apprenez de lui est votre propre mental. La méditation débute avec l’acceptation, et elle fleurit avec la transcendance d’elle-même.

Rajiv Kapur, le 24 janvier 2012

mercredi 11 janvier 2012

Ignorez le lanceur…attrapez la balle!

Ignorez le lanceur…attrapez la balle!
Gérer les balles d’émotions qui vous sont lancées.

Par Rajiv Kapur
http://www.rajivkapur.com

Transcription d’une causerie donnée le 25 décembre 2011

R : Ceci est une balle n’est-ce pas? Allez Shreekanth. (Rajiv lance la balle à Shreekanth qui l’attrape) Je lui ai lancé cette balle. Que regardiez-vous? La balle? Lorsque je vous lance la balle, que regardiez-vous?

S : J’ai juste semblé réagir instinctivement.

R : Absolument, la réaction était donc instinctive. Mais vos yeux pouvaient voir que la balle se dirigeait vers vous. Et instinctivement vos mains se rapprochèrent – c’est cela regarder! Je n’étais pas dans le portrait; c’était la balle et vous, et la balle qui se dirigeait vers vous.

C’est généralement ce qui ne se passe pas avec les émotions – vous regardez la personne et pas ce qui vient vers vous. Par exemple, si la situation d’une personne est ainsi – qu’elle crée de la colère en vous. Instantanément votre attention se dirige vers la personne. (En Hindi) : "Cette personne m’a fait quelque chose et je me suis mis en colère." Vous regardez donc la personne qui lance la balle, mais pas la balle qui se dirige vers vous et vous frappe. C’est pour cela qu’elle vous frappe en plein visage et vous ne savez pas quoi faire! Et, il y a tellement de balles venant de toutes les directions…mais vous ne regardez pas les balles!

Alors la première chose à faire c’est de modifier votre vision. Changez votre façon de voir! Essayez de regarder ce qui vient vers vous. Premièrement, enlevez l’objet qui vous lance la balle. Enlevez-le totalement du portrait, et instantanément vous constatez que le plus réel c’est la balle, cette émotion – c’est plus réel que l’objet (la personne) qui vous a lancé la balle! Mais instinctivement nous accusons toujours, nous allons vers l’histoire ou vers la personne, mais nous ne regardons jamais ce qui se produit à l’intérieur de nous.

En fait nous sommes très inconfortables lorsque cela nous concerne - "À cause de lui j’ai eu ceci" – c’est habituellement comme cela. Nous aimons blâmer les autres pour ce qui arrive à l’intérieur de nous.

Disons que j’enlève la personne de là, instinctivement, comme vous l’avez fait; vous avez vu la balle se dirigeant vers vous, vous avez avancé vos mains et avez regardé la balle. C’est instinctif, car vous avez souvent attrapé une balle et donc la réaction instinctive est vraiment là, n’est-ce pas? Mais, plus tôt, lorsque vous étiez un jeune enfant, ce n’était pas comme cela. Lorsque vous êtes un bébé, on vous enseigne - "Voici, attrape la balle." Maintenant vous êtes un jeune homme de trente ans et vous avez développé l’habilité d’attraper une balle facilement.

Mais ce n’était pas comme cela plus tôt, lorsque vous étiez petit. Donc vous devez débuter jeune, ce qui signifie que je dois commencer à regarder comment la balle se dirige vers moi. Sans regarder la personne; sans regarder l’objet qui a actuellement lancé la balle, je ne regarde que cette balle particulière d’émotion qui se dirige vers moi.

Qu’est-ce qui arrive maintenant quand je la regarde? Je dois l’attraper. Alors cela devient instinctif. Et comme vous l’avez dit, "Instinctivement j’étais capable de l’attraper, je n’ai rien regardé d’autre", c’est ce qui est arrivé ici. Instinctivement vous pouvez attraper l’émotion et lorsque vous avez développé cette habilité, cette efficacité et cette pratique; vous êtes capable de le faire.

Vous attrapez donc l’émotion au moment où elle surgit. Ce ne sera peut-être pas facile de travailler avec elle. D’accord, Je ressens une colère à l’intérieur de moi, qui bouille en moi et je suis capable de regarder cette agitation. L’objet est parti; la seule chose est cette émotion qui surgi en moi.

Maintenant qu’est ce qui arrive? Je ne bouge pas de ce centre. Je peux le maintenir. Je peux maintenir ce sentiment inconfortable, ou cette émotion. C’est déplaisant, je suis d’accord; ce n’est pas facile. Dans mon corps des choses se produisent; je le sens, mais allô! Laissez-moi les ressentir complètement, laissez-moi voir ce que c’est! Et je regarde complètement et totalement; je n’étiquette pas; je ne dis pas que c’est mauvais ou bon. Cela est ce qu’il est. Je regarde seulement, complètement, totalement, de tous les angles. Je ressens cela complètement!

Qu’est-ce qui arrive? Vous réalisez que ce n’est pas si pire. Même si c’est inconfortable au début, il y a une tranquillité, un apaisement; une paix est également perçue dans cela – une assurance, un état de calme, de paix est ressenti lorsque cela se produit – lorsque le mouvement prend place. La raison est que vous avez complètement accepté et ressenti l’émotion dès son origine et jusqu’à sa fin. Lorsque vous le ressentez aussi profondément, que vous l’acceptez, ce sentiment inconfortable devient une partie de votre corps; cela devient organique. Comment pouvez-vous alors, fuir quelque chose qui est devenue vous? Cela ne vous est plus étranger. CELA DEVIENT VOUS. Cela fond, se dissout et se cristallise en vous, révélant un centre qui lui était antérieur.

Donc, initialement vous constaterez qu’il y a la montée d’une émotion particulière, cela atteint un point culminant et puis tombe; s’élève, atteint un sommet, puis tombe. Puis alors? Cela surgit puis tombe juste un peu. Puis cela se dissout en vous lorsque vous le sentez complètement comme une partie de vous. Vous pouvez alors pressentir, ou percevoir que la montée, la chute et la dissolution prend place dans un centre antérieur à ces mouvements. C’est l’état de félicité de la Conscience où vous vous trouverez maintenant être. Qu’est-ce qui a rendu cela possible? C’était seulement votre observation – juste la vision de cela. Parce que nous cherchons qui est responsable de cela, nous ratons de voir ce qui actuellement est à l’intérieur de nous.

En fait, vous devriez bénir la personne qui vous donne cette opportunité car elle vous donne une chance de vraiment comprendre ce qui se passe à l’intérieur de vous, votre véritable Soi. Alors bénissez-le! À chaque fois qu’une personne vous donne l’opportunité, regardez et souriez. Faites cela, oubliez-le et commencez à regarder ce qui se trame à l’intérieur de vous, ce qui ce produit vraiment à l’intérieur de vous. Ne fuyez pas; vous ne pouvez pas l’éviter longtemps. Ne le refoulez pas car ce n’est pas bon. Il faut que vous compreniez vraiment le mouvement, et une fois que vous le comprenez, vous saurez que nous existons préalablement à cela! Parce que la Conscience, vous en tant que Conscience existiez lorsque le mouvement entier se déroulait! Maintenant votre centre est parti de l’émotion vers la Conscience qui la précède – calme, aimante, stable, paisible – et vous allez là; et tout se retrouve dans cette Conscience calme.

Et cette habitude de regarder dans l’état éveillé – mes pensées, mes émotions, et puis de reconnaître une Conscience qui les précèdent est ce qui constitue la Recherche-du-Soi – de regarder – puis de reconnaître cette Conscience, cela devient de plus en plus profond, de plus en plus fort. Puis cela atteint votre état de sommeil profond et vous constatez alors que même ces états surgissent et tombent sur cette Conscience.

Copyright  Rajiv Kapur, décembre 2011

vendredi 6 janvier 2012

Nouveau titre

Le titre du blog sera bientôt changé pour "À la Recherche du Soi"

Changements pour la nouvelle année

J'ai l'intention de modifier le blog bientôt. Il sera concentré sur l'enseignement de Rajiv Kapur.

J'ai fait moins de traduction lors des derniers mois. Cela requiert beaucoup de temps pour une personne comme moi qui n'est pas vraiment qualifié pour ce travail. J'ai apprécié votre indulgence sur la qualité des textes.

Je voulais les rendre disponible pour tous les sadhakas ne lisant pas l'anglais dans cette quête de l'Éveil.

dimanche 1 janvier 2012

La Recherche-du-soi 1

La Recherche du Soi 1: Ici et Maintenant

Par Rajiv Kapur

http://www.rajivkapur.com

Transcrit d’une causerie donnée le 20 novembre 2011

Reconnaissez que les pensées sont une nuisance pour cette tranquillité, pour ce silence que vous avez perçu. Accrochez-vous à ce silence; aidez-le à surgir. Remplissez votre être entier avec le bonheur, la joie, de votre sens-d’ être. Maintenant ouvrez lentement vos yeux. Très lentement. Maintenez cette tranquillité, cette aisance, cette sérénité, regardez seulement. Regardez autour de vous; n’interprétez pas ce que le mental perçoit; regardez seulement! Ne regardez pas quelconque objet, n’en rechercher pas non plus. Seulement et simplement regarder.

Ne percevez-vous pas cette même tranquillité, en fermant vos yeux? Le simple fait de regarder, simplement regarder – que vous regardiez à l’intérieur, ou à l’extérieur – c’est l’acte de regarder, qui forme la fondation de la Recherche-du-Soi dont je vais parler aujourd’hui. Ne vous éloignez pas de ce silence même maintenant – restez là. N’interprétez pas mes mots; écoutez seulement. Laissez le silence lui-même vous parler. Que voyez-vous? Que ressentez-vous lorsque vous entendez? Lors d’évènements variés, durant l’acte de voir et d’entendre, vous percevrez ce centre – le centre de la tranquillité et du silence.

Vous voyez cette chose entière (la pièce), les meubles (dans la pièce), les belles peintures et entre tous ces objets que vous voyez, et entre les mots que vous percevez émanant de moi, il y a cette conscience, l’espace s’unissant à tous ces objets. Même si vous fermez vos yeux, il y a cet espace à l’intérieur. Et si vous ouvrez vos yeux, le même espace est disponible pour vous, même maintenant! Tout ce que vous devez faire est de reconnaitre que cet état de conscience tranquille est là pour vous, ici, maintenant. Alors, ressentez-vous ce silence? Pouvez-vous ressentir l’espace?

Si vous regardez à l’extérieur de la fenêtre, il y a des édifices, il y a ces autos; et malgré cela l’espace est toujours là. Tout prend place à l’intérieur de cet espace que nous appelons la conscience présente. Alors comment se fait-il que j’ai pu perdre cette belle chose qui toujours "est" ? C’est parce que le mental est toujours intéressé en quelque chose d’autre. Il cherche à vous divertir. Et il vous diverti avec tellement d’histoires – il a fait cela, elle a fait ceci, je dois faire ceci ou cela. Et parce que le mental vous diverti, vous avez oublié de voir ce qui est disponible pour vous en ce moment.

La beauté de la conscience actuelle, ou ce que nous appelons le "moment présent", vous l’avez complètement perdu parce que vous êtes tellement intéressé avec ce que le mental perçoit dans cet espace. C’est facile d’accéder au silence, car il est si facilement atteignable. Et quelle grande pratique avez-vous accomplie? Aucune! Tout ce que vous avez fait est d’arrêter le mental cette fois-là et reconnu qu’il y a une conscience présente pour vous, ici et maintenant. C’est tout! Tout ce que vous avez fait est de vous connecter avec cette tranquillité, avec ce silence que vous êtes déjà. Donc dans votre pratique initiale, ce que vous devez faire, c’est que chaque fois que votre mental se lance dans des histoires, cherche à étiqueter, nous l’empêchons tout simplement d’agir.

Nous l’arrêtons et nous visitons cette conscience à la place, et puis nous continuons de la visiter à intervalles régulières.

Maintenant comme je l’ai dit, vous n’avez pas à la chercher; ni de la regarder. Vous devez SIMPLEMENT REGARDER! Au moment où vous regardez, cette conscience est disponible pour vous; cette tranquillité est disponible pour vous. Vrai? C’est la différence entre la recherche-du-soi et les autres pratiques comme le Yoga, les Mantras et toutes les autres choses, il y a ce nadi shuddhi, l’équilibrage des chakras, et il y a une variété de yama et niyama que vous devez suivre. Mais dans la recherche-du-soi, dès que vous pratiquez, il y a ce résultat. Vous pratiquez, et il y a des résultats! C’est presque immédiat. Pratiquement immédiat!

Arrêtez le mouvement du mental, regardez attentivement, ne regardez pas un objet – regardez la totalité, et c’est là! Comme vous dites, "Ici et maintenant". Initialement, vous devrez l’arrêter – arrêter le mental d’embarquer dans des histoires, à étiqueter, à juger. Plus tard, vous n’avez pas besoin de visiter ce silence, cette conscience. Vous n’avez pas à la visiter; c’est ELLE qui vous visitera. Dès que le mental entre dans une histoire, cette conscience viendra en premier : "Ah! Le mental embarque dans une histoire…stop! Ah, je juge une personne…stop!" Donc, la conscience arrive en premier, avant l’histoire.

Bien sûr, vous ne pouvez pas arrêter le mental de bouger éternellement, mais la conscience sera à portée de main. Vous reconnaîtrez que les histoires se déroulent. Et cela est un point très intéressant ; cette conscience sera là dès l’origine des pensées. Dès qu’une pensée surgit, la conscience sera là en premier.

Vous pouvez toujours suivre la pensée, mais maintenant pleinement conscient. Donc, l’identification a été brisée, car l’identification avec la conscience arrive en premier, plutôt qu’avec l’histoire. Votre identification avec la tranquillité demeurera, alors que l’histoire continuera de la façon dont elle doit continuer. Est-ce clair?

À partir de maintenant, la première étape que vous devez tous faire, c’est de reconnaître cette tranquillité; reconnaître l’état actuel de la conscience, qui est indépendante de toutes les histoires, et de tout étiquetage prenant place; très indépendante et impersonnelle.

Plus tard, vous verrez comment cette conscience vous prend en charge – elle englobe tout, imprègne tout, et vous sentirez que c’est cela. Ce" Maintenant", ce "Ici", cet état actuel de conscience, est tout ce qu’il y a. Parce que cela est si réconfortant, si paisible. Le mental sera moins intéressé dans des histoires après cela; il sera plus intéressé à être dans ce silence. Il ira automatiquement dans cet état actuel. La Présence vous invitera, "Viens…viens avec moi." Vous n’avez pas à partir à sa recherche – la Présence elle-même vous invitera. Pour plusieurs personnes, cela est le début de la recherche-du-soi. Cela signifie que c’est la fondation pour être dans l’état présent. Une telle reconnaissance est très importante pour aller plus profondément. J’ai toujours dit comme les autres Maîtres, d’accueillir le Maintenant, le Présent.

Les enseignants ont toujours mit l’emphase sur l’importance du Maintenant – et nous devons y être le plus souvent possible; essayez et amenez cette conscience actuelle dans votre vie – autant que vous le pouvez. Il deviendra alors sans effort; vous verrez, que le présent est tout ce qu’il y a.

Plusieurs personnes, ceux qui ont pratiquées la Recherche-du soi et l’Advaita, m’ont dit la même chose, qu’ils pensent – c’est la fin; qu’ils n’ont plus besoin d’en faire plus. Ils pensent qu’ils sont Éveillés et Illuminés. Car c’est tellement épanouissant, complet... "C’est cela! Quoi d’autre peut-il y avoir? Que peut-il y avoir d’autre que cet Unité? Pourquoi ai-je besoin d’aller encore plus profondément? Car ceci semble tellement être ma véritable demeure."

Mais ce n’est pas cela. Cela semble seulement être votre demeure. Vous devez regarder plus profondément que cela. Le MAINTENANT n’est que la premier pas.

Copyright  Rajiv Kapur, le 20 Novembre 2011